Quand mes enfants étaient petits, et les siens adolescents, l'une de mes belles-soeurs me répétait souvent, "petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis" et... cela m'énervait prodigieusement parce qu'avec ma mini puce qui déprimait d'ennui chaque année tout en faisant 3 fautes par mots, et mon zébulon qui passait plus de temps  à dessiner sur les pulls des copains ou à disparaître sous la table qu'à dessiner sur sa feuille bien sagement, et les multiples rv psy, ortho, psychomot et autres, je trouvais que quand même  j'avais déjà ma dose quoi!

Mais mintenant qu'ils sont un peu plus grands, je crois que j'ai compris ce qu'elle voulait dire!

Parce que quand les enfants sont petits, sauf maladie grave, on peut (en général) influer sur leur mal être (un biberon, un câlin, un peu d'attention, un rendez-vous avec la maîtresse...). Mais  plus ils grandissent, plus ils ont une vie sans nous, et moins on maîtrise ce qui leur arrive. Et donc forcément en cas de problème, on se sent un peu désemparé. Dire à la copine qu'elle n'a pas été sympa dans se spropos,  à l'amoureux(se) que non franchement ça ne se fait pas de plaquer notre merveilleux(se) fils/fille, aux camarades de classe, que mais si notre enfant est vraiment LE pote idéal, aux copains de judo qu'ils pourraient balancer moins fort, etc ....

Bref, c'est leur vie, ils vont forcément se prendre des coups, et si on peut éventuellement penser les bobos (et encore s'ils nous en parlent), difficile de les éviter (enfin si certain via l'éducation, la communication, la présence... mais quoi qu'on fasse il  restera toujours un paquet de coups durs!)

Et nous parents on assiste  à ça impuissants, en se demandant  sans cesse, où est la frontière ... à quel moment on se doit d'intervenir.

La rentrée en 2nde, dans un nouveau lycée  a été très difficile pour ma miss. Quelques conseils, une écoute, un suivi renforcé, difficile de faire plus et d'aller voir les gamines de sa classe pour leur dire "eh oh, les pestouilles, vous pourriez être un peu plus sympa avec Miss Dessin hein?" 

Mais le jour où l'indifférence et les paroles désagréables se transforment en insultes pures et dures associées à des menaces de lui pourrir la vie, il faut bien agir. Et là c'est vraiment difficile de doser et de savoir quelle est la bonne réaction.

La miss a été très courageuse, et a pas mal géré en mettant rapidement sa prof principale (qui est super, on a de la chance) au courant. Je l'ai eu moi même au téléphone, et le nécessaire a été fait (convocation de la Peste et de ses parents auprès du coordinateur de niveau).

Après, il n'y a que ma miss qui puisse retourner au lycée, affronter les regards désapprobateurs voir carrément menaçant, les "cafteuses", les messes basses, les rires en douces, les doigts pointés, et le fait que la  Peste demande à lui parler.

Et là , à part du "coaching" le soir  à la maison, je ne peux plus rien faire pour elle :-(